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- par KONVERSEO
Pour anticiper les difficultés de trésorerie, il faut agir sur leur cause la plus fréquente : des prix qui ne couvrent plus vos coûts. Revoir régulièrement ses prix et suivre au quotidien la rentabilité de chaque produit ou service permet de repérer le problème des semaines, voire des mois, avant qu’il n’apparaisse sur le compte bancaire.
Une tension de trésorerie ne tombe presque jamais du ciel. Elle est le plus souvent la conséquence visible d’un problème plus ancien : une marge qui s’érode, un produit vendu trop bas, un chantier qui dérape. Quand le découvert arrive, le mal est déjà fait. L’enjeu est donc de surveiller ce qui se passe en amont.
Qu’est-ce qu’une tension de trésorerie ?
Une tension de trésorerie, c’est une période où l’entreprise a du mal à faire face à ses dépenses avec l’argent dont elle dispose. Les salaires, les fournisseurs, les charges sociales ou les échéances d’emprunt deviennent difficiles à payer à temps, même si l’activité tourne.
Elle peut être ponctuelle (un gros client qui paie en retard) ou structurelle. C’est la seconde qui est dangereuse : quand l’entreprise perd un peu d’argent sur chaque vente sans le savoir, la trésorerie se vide lentement, mois après mois.
Pourquoi une entreprise qui travaille beaucoup peut manquer de trésorerie
C’est l’un des paradoxes les plus fréquents dans les TPE et PME : le carnet de commandes est plein, les équipes sont débordées… et le compte bancaire est dans le rouge.
Plusieurs explications sont possibles, mais l’une revient très souvent : des prix de vente qui n’ont pas suivi l’évolution des coûts. Matières premières, énergie, salaires, sous-traitance, carburant : quand les coûts augmentent et que les prix restent figés, chaque vente rapporte un peu moins. Si certains produits ou services finissent par être vendus à perte, plus vous vendez, plus la trésorerie se dégrade.
Exemple : une entreprise facture une prestation 50 € de l’heure. Il y a trois ans, cette heure lui coûtait 42 €, soit 8 € de marge. Avec les hausses successives, elle lui coûte aujourd’hui 48 €. La marge est tombée à 2 € par heure, et le moindre imprévu (un retard, une reprise, un déplacement non facturé) la fait passer dans le négatif.
Les signaux qui annoncent une tension de trésorerie
Certains signes doivent vous alerter avant que la situation ne devienne critique :
- le compte passe à découvert plus souvent ou plus longtemps qu’avant ;
- vous décalez le paiement de certains fournisseurs ou de certaines charges ;
- le chiffre d’affaires augmente, mais la trésorerie ne suit pas ;
- la marge baisse d’un mois sur l’autre sans explication claire ;
- certains chantiers, commandes ou contrats « ne rapportent rien » au final ;
- vos prix n’ont pas été revus depuis plus d’un an.
Signal d’alerte | Cause probable | Première action |
Découverts plus fréquents | Marge insuffisante ou encaissements trop lents | Analyser la rentabilité par produit ou service |
CA en hausse, trésorerie en baisse | Ventes peu rentables ou besoin en fonds de roulement qui grossit | Identifier les ventes qui font perdre de l’argent |
Marge en baisse | Coûts en hausse non répercutés | Recalculer les coûts et revoir les prix |
Chantiers ou contrats déficitaires | Devis sous-estimés | Comparer le prévu et le réel sur chaque affaire |
Revoir ses prix : le premier levier pour protéger sa trésorerie
Revoir ses prix, c’est vérifier que chaque prix de vente couvre le coût réel du produit ou du service et laisse une marge suffisante. C’est souvent le levier le plus efficace, et pourtant le plus repoussé par les dirigeants, par peur de perdre des clients.
Pour le faire sereinement :
- Recalculez vos coûts actuels, pas ceux d’il y a deux ans : matières, main-d’œuvre, sous-traitance et part des frais généraux. Notre article Calculer son coût de revient pour fixer des prix rentables détaille la méthode.
- Comparez chaque prix à son coût pour repérer les produits ou services dont la marge est devenue trop faible.
- Ajustez en priorité ces prix-là, plutôt que d’appliquer une hausse uniforme à tout le catalogue.
- Prévoyez des clauses de révision dans vos devis et contrats de longue durée, pour ne plus subir les hausses de coûts pendant leur exécution.
- Expliquez la hausse à vos clients : une augmentation justifiée et annoncée à l’avance passe beaucoup mieux qu’on ne le croit.
Une hausse de prix de quelques pour cent a souvent plus d’effet sur la trésorerie qu’une forte hausse du volume de ventes, car elle améliore directement la marge sur chaque vente, sans coût supplémentaire.
Suivre la rentabilité de ses produits et services au quotidien
Revoir ses prix une fois ne suffit pas. Les coûts évoluent en permanence, et une marge confortable aujourd’hui peut disparaître en quelques mois. Suivre sa rentabilité au quotidien, c’est vérifier régulièrement que chaque produit ou service rapporte bien ce qui était prévu.
Concrètement, cela passe par trois réflexes :
- à chaque devis : partir d’un coût de revient à jour, et non d’un prix « habituel » ;
- à la fin de chaque chantier, commande ou mission : comparer les heures et les achats prévus avec ce qui a été réellement consommé ;
- chaque mois : suivre la marge par produit ou par service dans un tableau de bord simple.
Ce suivi permet de détecter très tôt un produit qui ne rapporte plus, un type de chantier systématiquement sous-estimé ou un client trop gourmand en temps. Pour aller plus loin, lisez Votre chiffre d’affaires augmente. Et votre rentabilité ? et les 5 indicateurs pour mieux piloter votre TPE ou PME.
Les autres réflexes pour voir venir les difficultés
Une fois les prix et la rentabilité sous contrôle, quelques bonnes pratiques complètent le dispositif :
- facturer vite et demander des acomptes sur les commandes importantes ;
- relancer les clients dès le premier jour de retard ;
- surveiller le stock pour ne pas immobiliser trop d’argent ;
- tenir un plan de trésorerie sur trois mois, même simple, qui liste les encaissements et décaissements attendus semaine par semaine.
Quand se faire accompagner ?
Les premières tensions de trésorerie sont le bon moment pour faire appel à un regard extérieur. À ce stade, il reste des marges de manœuvre : revoir les prix, abandonner une activité déficitaire, renégocier certains coûts. Plus on attend, plus les options se réduisent.
ER Gestion accompagne les dirigeants de TPE et PME à Niort, La Rochelle, Poitiers, La Roche-sur-Yon et Fontenay-le-Comte pour analyser leurs prix, suivre leur rentabilité et sécuriser leur trésorerie. Découvrez notre accompagnement en contrôle de gestion ou contactez-nous.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre rentabilité et trésorerie ?
La rentabilité mesure si l’entreprise gagne de l’argent sur ses ventes. La trésorerie mesure l’argent réellement disponible sur ses comptes à un instant donné. Une entreprise peut être rentable et manquer de trésorerie (clients qui paient tard, stock élevé), mais une entreprise durablement non rentable finit toujours par manquer de trésorerie.
À quelle fréquence faut-il revoir ses prix ?
Au moins une fois par an, et à chaque hausse significative d’un coût important (matières, énergie, salaires, sous-traitance). Les prix des devis doivent toujours partir d’un coût de revient à jour.
Comment savoir si un produit ou un service est vendu à perte ?
Il faut comparer son prix de vente à son coût de revient complet : matières, main-d’œuvre, sous-traitance et part des frais généraux. Si le coût dépasse le prix, ou si la marge restante est trop faible pour absorber les imprévus, le prix doit être revu.
Que faire si la tension de trésorerie est déjà là ?
Il faut agir vite : prévenir son banquier avant l’incident plutôt qu’après, accélérer les encaissements clients, discuter d’échéanciers avec les fournisseurs et, si nécessaire, demander un étalement des dettes fiscales et sociales. En parallèle, il est indispensable de traiter la cause, souvent des prix ou une rentabilité insuffisants.