Calculer son coût de revient : la base pour fixer des prix vraiment rentables

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Calculer son coût de revient consiste à additionner tous les coûts nécessaires pour produire et vendre un produit ou un service : matières, main-d’œuvre, sous-traitance et part des frais généraux. Identifier ces coûts produit par produit, ou service par service, est la seule façon de fixer des prix qui garantissent une marge.

Beaucoup de TPE et PME fixent leurs prix en regardant la concurrence ou en reprenant des tarifs « historiques ». Le risque : vendre certains produits ou services sous leur coût réel, sans le savoir. Le coût de revient est le point de départ de tout prix rentable.

Qu’est-ce que le coût de revient ?

Le coût de revient est le coût total d’un produit ou d’un service, depuis sa fabrication ou sa réalisation jusqu’à sa vente. Il comprend deux types de coûts :

  • les coûts directs, qui se rattachent sans ambiguïté à un produit ou à un service : matières premières, temps de main-d’œuvre, sous-traitance, déplacements ;
  • les coûts indirects, ou frais généraux, qui servent à toute l’entreprise : loyer, assurances, véhicules, logiciels, temps administratif, honoraires comptables.

Formule : coût de revient = coûts directs + part des coûts indirects

Le prix de vente doit être supérieur au coût de revient. La différence entre les deux, c’est votre marge.

Étape 1 : identifier les coûts directs de chaque produit ou service

Pour chaque produit ou type de prestation, listez tout ce qui est consommé spécifiquement pour le réaliser :

  • les matières et fournitures : quantités utilisées multipliées par leur prix d’achat actuel, pertes et chutes comprises ;
  • le temps de main-d’œuvre : nombre d’heures nécessaires multiplié par le coût horaire (voir étape 2) ;
  • la sous-traitance éventuelle ;
  • les frais spécifiques : déplacements, location de matériel, emballage, transport.

Cette étape demande de la rigueur : un oubli ici se répercute sur chaque vente.

Étape 2 : calculer le vrai coût horaire de vos équipes

Dans une entreprise de services, du BTP ou de l’artisanat, le temps est souvent le premier poste de coût. Encore faut-il le calculer correctement.

Le coût horaire réel se calcule sur les heures facturables, pas sur les heures payées. Une partie du temps de travail n’est jamais facturée : déplacements, préparation, reprises, réunions, congés, formation.

Exemple : un salarié coûte 40 000 € par an à l’entreprise, charges comprises. Il travaille 1 600 heures dans l’année, dont 1 300 heures facturables.

  • Coût par heure travaillée : 40 000 ÷ 1 600 = 25 €
  • Coût par heure facturable : 40 000 ÷ 1 300 = 30,77 €

Si l’entreprise calcule ses prix sur la base de 25 € de l’heure, elle sous-estime son coût de près de 6 € sur chaque heure vendue. C’est pourquoi les heures travaillées et les heures facturées font partie des indicateurs clés d’une PME.

Étape 3 : répartir les coûts indirects

Les frais généraux ne se rattachent à aucun produit en particulier, mais ils doivent être couverts par l’ensemble des ventes. Il faut donc les répartir avec une clé de répartition : le plus souvent les heures facturables, ou le chiffre d’affaires.

Exemple : l’entreprise a 120 000 € de frais généraux par an et vend 10 000 heures facturables au total. Chaque heure vendue doit donc porter 120 000 ÷ 10 000 = 12 € de frais généraux.

Étape 4 : additionner pour obtenir le coût de revient

Reprenons l’exemple d’une prestation qui demande 10 heures de travail et 150 € de matériel.

Poste

Calcul

Montant

Main-d’œuvre

10 h × 30,77 €

307,70 €

Matériel

Prix d’achat actuel

150,00 €

Frais généraux

10 h × 12 €

120,00 €

Coût de revient

Total

577,70 €

 

En dessous de 577,70 € HT, cette prestation fait perdre de l’argent à l’entreprise.

Du coût de revient au prix de vente

Le prix de vente se construit en ajoutant au coût de revient la marge souhaitée. Attention à la méthode de calcul :

Formule : prix de vente HT = coût de revient ÷ (1 − taux de marque souhaité)

Le taux de marque est la part de marge dans le prix de vente. Pour que la marge représente 20 % du prix de vente : 577,70 ÷ 0,80 = 722,13 € HT.

Erreur fréquente : multiplier le coût de revient par 1,20. On obtient 693,24 €, soit une marge réelle d’environ 16,7 % du prix de vente, et non 20 %.

Il faut ensuite confronter ce prix au marché. Si le prix calculé est nettement supérieur à celui des concurrents, la question n’est pas de baisser le prix, mais de comprendre pourquoi les coûts sont plus élevés : organisation, achats, temps non facturé.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Oublier le temps non facturé dans le coût horaire.
  • Ignorer les frais généraux, ou les sous-estimer.
  • Utiliser des prix d’achat anciens au lieu des prix actuels.
  • Ne jamais actualiser le calcul, alors que les coûts évoluent chaque année.
  • Aligner ses prix sur la concurrence sans connaître ses propres coûts.

Un coût de revient faux conduit à des prix faux, et des prix trop bas finissent toujours par se voir sur la trésorerie. Il est aussi la base de l’analyse de la rentabilité par produit ou par service.

Se faire accompagner pour calculer ses coûts de revient

Identifier les coûts de chaque produit ou service, choisir les bonnes clés de répartition et construire une grille de prix rentable : c’est un travail qu’un consultant en contrôle de gestion peut mener avec vous, puis vous laisser des outils simples pour le mettre à jour.

ER Gestion accompagne les dirigeants de TPE et PME à Niort, La Rochelle, Poitiers, La Roche-sur-Yon et Fontenay-le-Comte. Découvrez notre accompagnement en contrôle de gestion.

Questions fréquentes

Dans la pratique des TPE et PME, les deux expressions désignent la même chose : le coût total d’un produit ou d’un service jusqu’à sa vente. Le prix de vente, lui, est le montant facturé au client.

On additionne le temps passé (heures multipliées par le coût horaire calculé sur les heures facturables), les achats et la sous-traitance liés au service, puis une part des frais généraux de l’entreprise, répartie par exemple au prorata des heures.

Au moins une fois par an, et à chaque hausse importante d’un coût : salaires, matières premières, énergie, loyer. Les devis doivent toujours s’appuyer sur un coût de revient à jour.

Au sens strict, le taux de marge rapporte la marge au coût de revient, et le taux de marque rapporte la marge au prix de vente. Pour une même marge, le taux de marge est toujours plus élevé que le taux de marque. Dans le langage courant, on parle souvent de « marge » dans les deux cas : il faut donc toujours préciser sur quelle base on raisonne.

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