10 000 € facturés sur un chantier de plomberie : combien gagnez-vous vraiment ?

calculer la marge d'un chantier

En bref : sur un chantier facturé 10 000 € HT par une entreprise d’électricité et de plomberie de 5 salariés, les coûts directs s’élèvent à 5 900 €, ce qui laisse 4 100 € de marge brute (41 %). Une fois 2 000 € de frais généraux affectés au chantier, le résultat estimé tombe à 2 100 €, soit environ 21 % de marge nette. 10 000 € de chiffre d’affaires ne valent pas 10 000 € de rentabilité.

Le contexte : regarder le montant facturé peut être trompeur

Dans le BTP, beaucoup de dirigeants jugent un chantier à son montant facturé. C’est compréhensible : c’est le chiffre le plus visible. Mais c’est aussi le plus trompeur, car il ne dit rien de ce qui reste réellement dans l’entreprise une fois le chantier terminé.

Prenons un exemple simple : une entreprise de 5 salariés spécialisée en électricité et plomberie, qui réalise un chantier facturé 10 000 € HT.

Étape 1 : calculer les coûts directs du chantier

Les coûts directs sont les dépenses directement liées au chantier. Sur ce chantier, ils se répartissent ainsi :

Coût direct

Montant

Matériel

3 000 €

Main-d’œuvre chargée

2 000 €

Véhicule, déplacements, outillage

400 €

Sous-traitance

500 €

Coût direct du chantier

5 900 €

 

Étape 2 : calculer la marge brute du chantier

La marge brute d’un chantier est ce qu’il reste une fois les coûts directs payés.

Formule : marge brute = montant facturé − coûts directs

Ici : 10 000 € − 5 900 € = 4 100 € de marge brute, soit 41 % du chiffre d’affaires.

À ce stade, le chantier paraît très rentable. Mais le calcul n’est pas terminé.

Étape 3 : intégrer les frais de structure

L’entreprise doit encore payer ses frais de structure, qui ne sont rattachés à aucun chantier en particulier mais qui existent bel et bien :

  • les locaux ;
  • le téléphone et l’informatique ;
  • la comptabilité ;
  • les assurances ;
  • les véhicules ;
  • la gestion et l’administration ;
  • le financement, etc.

Ces frais doivent être couverts par l’ensemble des chantiers. Il faut donc en affecter une part à chacun.

Étape 4 : calculer la marge nette du chantier

Si l’on affecte par exemple 2 000 € de frais généraux à ce chantier :

 

Montant

Part du CA

Chiffre d’affaires du chantier

10 000 €

100 %

Coûts directs

5 900 €

59 %

Marge brute

4 100 €

41 %

Frais généraux affectés

2 000 €

20 %

Résultat estimé

2 100 €

environ 21 %

 

Sur 10 000 € facturés, il reste 2 100 € à l’entreprise. C’est la marge nette du chantier.

Ce qu’il faut retenir

La vraie question n’est donc pas : « Combien ai-je facturé ? »

La vraie question est : « Combien me reste-t-il réellement une fois le chantier terminé ? »

Dans une PME du BTP, connaître sa marge chantier par chantier permet de :

  • mieux fixer ses prix, en partant des coûts réels et non d’un tarif habituel ;
  • identifier les chantiers rentables, et ceux qui ne le sont pas ;
  • éviter de travailler beaucoup… pour gagner très peu.

10 000 € de chiffre d’affaires ne valent pas forcément 10 000 € de rentabilité. Et vous, vous suivez votre marge chantier par chantier, ou uniquement votre résultat en fin d’année ?

Calculer la marge de vos chantiers avec ER Gestion

ER Gestion aide les entreprises du BTP et les artisans à Niort, La Rochelle, Poitiers, La Roche-sur-Yon et Fontenay-le-Comte à calculer la marge réelle de chaque chantier et à fixer des prix rentables. Découvrez notre accompagnement en contrôle de gestion.

Questions fréquentes

On retire d’abord du montant facturé les coûts directs du chantier (matériel, main-d’œuvre chargée, déplacements, sous-traitance) pour obtenir la marge brute. On retire ensuite la part des frais généraux affectée au chantier pour obtenir le résultat, c’est-à-dire la marge nette.

La marge brute ne tient compte que des coûts directs du chantier. La marge nette intègre aussi une part des frais de structure de l’entreprise : locaux, assurances, véhicules, comptabilité, administration. C’est elle qui indique ce que le chantier rapporte réellement.

On répartit le total des frais généraux de l’année entre les chantiers, selon une clé de répartition : par exemple au prorata des heures passées ou du chiffre d’affaires de chaque chantier.

Sommaire

Partager l'article