- Publié le
- par KONVERSEO
En bref : sur un chantier de 180 000 € HT, la marge prévue de 20 000 € était en train de fondre à 5 000 €, soit −75 %. Grâce à un suivi mensuel budget, réalisé, reste à faire et atterrissage, l’entreprise a identifié les écarts à 60 % d’avancement et ramené la marge à 17 000 €. Résultat : 12 000 € de marge sauvés sur un seul chantier. Pas grâce à plus de chiffre d’affaires. Grâce au contrôle de gestion.
Le contexte : une entreprise du BTP qui regarde surtout son chiffre d’affaires
Prenons une entreprise fictive du BTP, représentative de celles que l’on rencontre sur le terrain :
- 2,5 M€ de chiffre d’affaires annuel ;
- 18 salariés ;
- 12 chantiers en cours ;
- une marge moyenne qui semble correcte… sur le papier.
Le problème ? Le dirigeant regarde surtout son chiffre d’affaires et son résultat comptable. Il sait combien il facture. Mais il ne sait pas précisément où il gagne et où il perd de l’argent.
Le chantier de départ : 180 000 € HT et 11,1 % de marge prévue
On commence par un seul chantier, vendu 180 000 € HT. Son budget initial se présente ainsi :
Poste | Budget initial |
Main-d’œuvre | 52 000 € |
Matériaux | 61 000 € |
Sous-traitance | 24 000 € |
Matériel / déplacements | 13 000 € |
Frais de chantier | 10 000 € |
Coût prévisionnel | 160 000 € |
Marge prévisionnelle | 20 000 € (11,1 % du CA) |
Jusque-là, tout va bien.
Le suivi mensuel : budget, réalisé, reste à faire, atterrissage
Le contrôle de gestion d’un chantier consiste à rapprocher chaque mois ce qui était prévu de ce qui a réellement été dépensé, puis à estimer le coût final. On rapproche quatre éléments :
- le budget : ce qui était prévu au moment du devis ;
- le réalisé : ce qui a réellement été dépensé à date ;
- le reste à faire : ce qu’il reste à dépenser pour terminer ;
- l’atterrissage : le coût final estimé, donc la marge finale probable.
Après 60 % d’avancement, ce suivi révèle déjà plusieurs dérives :
- 4 000 € de main-d’œuvre supplémentaires ;
- 5 500 € de matériaux non prévus ;
- 3 000 € de sous-traitance supplémentaire ;
- 2 500 € de frais de chantier liés au retard.
Soit déjà 15 000 € d’écart.
Si on ne fait rien, le coût final est estimé à 175 000 € et la marge finale tombe à 5 000 €. C’est −75 % de marge. Et pourtant, le chiffre d’affaires du chantier n’a pas bougé.
L’analyse : comprendre pourquoi la marge baisse
C’est là que le contrôle de gestion devient utile. On ne se contente pas de constater que la marge baisse : on cherche pourquoi.
- Les heures supplémentaires viennent-elles d’un mauvais rendement ?
- Les matériaux supplémentaires viennent-ils d’une erreur de quantitatif ?
- Le retard génère-t-il des coûts supplémentaires ?
- Certains travaux ont-ils été réalisés sans avenant ?
- Le prix de vente était-il suffisant dès le départ ?
Chaque réponse oriente vers une action différente. Un problème de rendement ne se corrige pas comme une erreur de métré ou un travail supplémentaire non facturé.
Les actions mises en place
Dans notre exemple, l’entreprise :
- recadre le suivi des heures ;
- renégocie certains achats ;
- formalise les travaux supplémentaires ;
- réorganise le planning ;
- suit chaque semaine le coût restant à engager.
Les résultats : 12 000 € de marge sauvés
Le coût final est ramené à 163 000 €, et la marge finale remonte à 17 000 €.
Sans pilotage | Avec pilotage | |
Chiffre d’affaires du chantier | 180 000 € | 180 000 € |
Coût final | 175 000 € | 163 000 € |
Marge finale | 5 000 € | 17 000 € |
12 000 € de marge sauvés sur un seul chantier. Et si l’entreprise réalise 10 chantiers comparables dans l’année ? Ce sont 120 000 € de marge potentiellement protégés.
Ce qu’il faut retenir
Le contrôle de gestion dans le BTP, ce n’est pas faire 50 tableaux Excel. Ce n’est pas non plus attendre le bilan pour découvrir le résultat. C’est simplement répondre régulièrement à 3 questions :
- Où en sommes-nous ?
- Pourquoi avons-nous cet écart ?
- Quelle décision devons-nous prendre maintenant ?
Un chantier terminé avec une mauvaise marge, c’est trop tard pour agir. Le bon moment pour piloter la marge, c’est pendant le chantier.
Mettre en place le suivi de vos chantiers avec ER Gestion
Chez ER Gestion, l’idée est de partir de la réalité de l’entreprise et de construire un pilotage simple : rentabilité des chantiers, marge, trésorerie et quelques indicateurs réellement utiles. Nous accompagnons les entreprises du BTP à Niort, La Rochelle, Poitiers, La Roche-sur-Yon et Fontenay-le-Comte. Découvrez notre accompagnement en contrôle de gestion.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'atterrissage d'un chantier ?
L’atterrissage est l’estimation du coût final d’un chantier en cours. Il se calcule en additionnant ce qui a déjà été dépensé (le réalisé) et ce qu’il reste à dépenser pour terminer (le reste à faire). Il permet de connaître la marge finale probable avant la fin du chantier.
À quelle fréquence suivre la rentabilité d'un chantier ?
Au minimum chaque mois, et chaque semaine pour le coût restant à engager sur les chantiers importants ou en dérive. Plus l’écart est détecté tôt, plus il reste de leviers pour le corriger.
Pourquoi la marge d'un chantier baisse-t-elle alors que le prix ne change pas ?
Parce que les coûts dérapent : heures supplémentaires, matériaux non prévus, sous-traitance supplémentaire, retards ou travaux réalisés sans avenant. Le chiffre d’affaires reste identique, mais chaque euro de coût en plus vient directement réduire la marge.